Vente 38 - Comic Books - 30.11.14

  • LOT N°362

    Hergé :

    Hammer price : 280000 €
    Tintin, planches n°13 et 14 recto-verso à la mine de plomb de l'épisode "Les Bijoux de la Castafiore" publié aux Editions Casterman en 1963. Véritable sommet narratif, ce récit demeure l'album le plus abouti de l'artiste. Se jouant de sa création, Hergé crée une brèche dans le classicisme qu'il avait lui même construit. Les voyages et l'action étaient au centre de ses précédentes aventures. Ici, les personnages ne quittent plus Moulinsart et en sont affectés jusqu'à une débâcle générale. Ce bouleversement est largement dû à l'arrivée de la Castafiore qui trouble cet univers devenu si bien ordonné. Déconcertante, cette aventure en trompe-l'oeil connut nombre d'interprétations et d'études dont le livre "Les Bijoux ravis" de Benoit Peeters. Ces planches illustrent bien la méthode de travail de l'artiste qui s'attaque à la mise en place des décors, des dialogues et des personnages. Entre ces versions crayonnées et les planches encrées, on peut se rendre compte des différences et des modifications. Le texte se transforme, le cadrage et le découpage évoluent afin de donner plus de clarté et de rythme au récit. Il est d'ailleurs amusant de constater l'inversion de la scène du rêve de Haddock dans la planche 14. Les marges contiennent bon nombre de croquis rapides et spontanés. L'ouverture de la planche 13 nous offre la vision d'un Haddock infirme cloué sur une chaise et en proie aux pires difficultés avec le commandant de gendarmerie et le perroquet qui joue les troubles-fêtes. Le capitaine, d'ordinaire si solide, devient une véritable victime. Pendant ce temps, le héros et Milou aperçoivent le camp des Romanichels installés depuis peu au domaine du château. Sa promenade sera perturbée par des inconnus qu'il poursuivra jusqu'à leur départ sur la planche 14. La séquence du cauchemar de Haddock est un élément incontournable de cette planche. L'animal qu'il voulait à tout prix refouler, s'assimile à la Castafiore. Aussi insupportable l'un que l'autre, ils ont en commun une certaine ressemblance physique. La suite laisse apparaitre la cantatrice rangeant ses bijoux sous l’oeil avisé d'Irma et le départ précipité du pianiste Igor Wagner. Pour terminer, notre héros rentre dans le salon afin d'annoncer l'installation des bohémiens. Malheureusement le bonheur du capitaine ne sera que de courte durée. A nouveau le volatile l'excite durant un coup de fil (resté inédit dans la planche définitive). Ces crayonnés révèlent les exigences, les doutes et la recherche incessante de l'artiste de la perfection. Le trait dévoile ici sa vision personnelle et le souci entre les pleins et les vides. Une composition rare et magique !!! Dédicacée, signée et datée du 13 mai 1977. Dimensions : 36,4 x 54,9.