16.06.05

Naissance dans le monde de la BD

Bruxelles, capitale du 9e art, confirme sa place en accueillant la première salle de ventes entièrement consacrée à la bande dessinée.

Les héros de cette nouvelle aventure sont deux jeunes passionnés qui concrétisent une part de rêve. Enfants, nous avons tous lu et reçu des BD. La bande dessinée est quelque chose qui fait partie de la culture belge et qui n'existe pas dans le monde germanique par exemple.

Ainsi s'expriment en choeur Arnaud de Partz et Henri Moretus, les deux créateurs de la « Banque dessinée », une structure montée de toutes pièces par ces deux collectionneurs de BD. Non pas au départ de leur propre collection - ils ne se départiraient pour rien au monde d'une pièce de leur trésor accumulé au fil des ans -, mais sur la base de récolte de pièces çà et là.

Nous vendons avec prix de retrait ou pas comme dans toutes les autres ventes publiques au monde, sourit l'un des comparses. Ayant créé leur propre structure, ils gèrent et assument tout à deux, risques et succès. Tout se discute avec nous et entre nous. Nous sommes nos propres experts, à la différence de ce qui se passe dans les salles de ventes généralistes.

Par rapport au marché actuel avec quelques ventes thématiques consacrées à la BD par de grandes salles, la Banque dessinée se positionne en termes de spécificité puisqu'il s'agit de la première et seule salle de ventes réservée au 9e art. Nous essayons de brasser un public beaucoup plus vaste que celui des salles de ventes qui visent essentiellement les collectionneurs avec des pièces relativement coûteuses. Chez nous, le prix des lots va de 50 euros à... quelque 20.000, 25.000 euros, montant estimé pour la sculpture en bronze de Tintin réalisée par Nat Neujan en collaboration avec Hergé. Il s'agit d'une épreuve d'artiste (E.P.) numérotée 1/1, une oeuvre rare autant qu'exceptionnelle réalisée en 1975 et authentifiée par l'artiste (un certificat de Nat Neujean sera d'ailleurs remis à l'acheteur).

Autre monument, si l'on peut dire, l'album L'oreille cassée de l'édition alternée de 1943, évalué entre 12.000 et 15.000 euros.

À côté de pièces de cet acabit comme des originaux, dessins, albums dédicacés et autres planches très recherchées, il existe des séries complètes d'albums tout à fait accessibles au commun des mortels, comme la série des Astérix en édition originale évaluée 200 - 250 euros. Chacun devrait pouvoir y trouver son bonheur, qu'il soit amateur ou collectionneur, enfant ou adulte.

La vente des 26 et 27 juin est la première, mais c'est elle aussi qui déterminera l'avenir de la Banque dessinée. Car si le projet n'émergera réellement qu'à cette occasion, cela fait des mois - si pas des années - qu'Arnaud de Partz et Henri Moretus planchent dessus. Ce sont des investissements importants à tous les niveaux (temps, argent...) puisqu'ils gèrent l'ensemble du projet de A à Z, que ce soit la récolte des objets, la publicité, la location de la salle, la confection du catalogue et du site, l'installation de l'exposition avec tout le mobilier que cela suppose. Bref un investissement lourd mais qu'ils assument avec pas mal d'amis, dont certains sont des acteurs importants du 9e art.

À ce titre, Olivier Pâques sera également de la fête puisqu'il dédicacera ses albums de Loïs (scénario de Jacques Martin) pendant l'exposition. L'ambiance devrait être familiale et bon enfant, avec suffisamment d'espace pour pouvoir manipuler les livres et un coin bar pour les dilettantes et les amis passant pour donner un coup de main et, dans la foulée, boire un coup. Pourquoi pas nous ?

EGGERICX,LAURE

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