20.10.05
Les premiers pas
Il est encore des jeunes - et de moins jeunes - qui osent se lancer dans ce monde passionnant mais impitoyable des salles de ventes. Parcours fléché par Arnaud de Partz pour « Banque dessinée ».
L'intitulé confirme déjà la justesse de l'implantation dans la capitale du 9e art. La bande dessinée, c'est belge, souligne l'intéressé qui a monté son projet avec Henri Moretus. Associés pour ce rêve au hasard d'une rencontre, ils sont aujourd'hui en plein bouclage du catalogue pour leur deuxième vente qui aura lieu le 20 novembre prochain. Forts du succès de la première, ils ont rapidement pu lancer une nouvelle salve afin d'atteindre bientôt leur vitesse de croisière d'une vente tous les trois ou quatre mois.
Une passion au carré
Finalement, les choses se sont passées assez vite. La décision de lancer la Banque dessinée a été prise en novembre 2004. Nous avons fondé une SPRL et commencé à travailler à la première vente de juin en mars 2005.
Tous les deux sont collectionneurs de BD depuis leur plus jeune âge. Et c'est cette passion commune qui les a liés, dès leur première rencontre : une conversation fortuite dans une salle (de ventes s'entend...) où le plus jeune, jobiste, exerçait ses talents de voiturier tandis que le second assouvissait sa passion de collectionneur au sens large, ayant lui-même travaillé chez Sotheby en Grande-Bretagne.
A l'époque, peu de salles organisaient des ventes de BD. Ce constat commun leur dicta la trajectoire d'une structure autre, spécialisée, moins élitiste, avec des livres à lire pour tout le monde à des prix raisonnables, comme 80 euros pour une collection d'Astérix, explique Arnaud de Partz. Pour la prochaine vacation, nous avons des pièces de collection, énormément d'albums, mais moins de planches de qualité que les autres salles.
Le b.a.-ba d'un jeune
A présent, ils recueillent les fruits de leur travail, mais aussi les critiques des uns et des autres. Certains sont méfiants, d'autres enthousiastes. Certains vieux routiers leur donnent des conseils et préfèrent parler en termes de complémentarité que de concurrence. Mais il est clair qu'ils forcent le défi puisqu'ils osent affronter le marché et les salles de ventes qui jusqu'à présent sous-traitaient la BD.
Les choses ne sont pas toujours très limpides. Souvent, d'ailleurs, ils mélangent. Il s'agit de marchands qui ont des magasins et qui organisent des ventes en salles de vente, poursuit Arnaud de Partz. Nous, nous avons lancé notre propre affaire, indépendante de toute salle de ventes. Pour ce faire, il faut avoir des finances derrière soi, et le principal, à mon avis, est de très bien s'entendre avec son partenaire dans un rapport de confiance et de complémentarité. Chez nous, chacun a ses spécialités. Je gère tout ce qui est informatique, par exemple. Lors des ventes, l'un s'occupe du stock et l'autre de tout ce qui est paiement. L'enlèvement se fait en direct. Nous rédigeons le catalogue à deux. Nous nous occupons des dépôts à deux également. Nous allons nous-mêmes chez les gens (...).
Ce qui est primordial, c'est de s'y connaître dans son domaine. La pratique des salles de ventes s'acquiert à force de les fréquenter. Il faut produire un catalogue, l'écrire, l'imprimer... Puis tout organiser, de la location de la salle aux contacts presse en passant par les vitrines, tables, chaises, bar, etc. Il faut un commissaire-priseur, un huissier de justice, du personnel lors des ventes.
Chez nous, l'exposition est conçue comme une visite au musée. Il y a de la place pour exposer les pièces. Le jour J, ce sont des amis qui nous aident et l'ambiance était assez bonne lors de la vente de juin passé. Notre bar a bien tourné, nous n'avons eu aucun problème informatique ni aucune réclamation.
Les week-ends de ventes et les soirées sont très joyeux. Par contre, la préparation du catalogue, le rassemblement des lots et leur sélection font partie des tâches les plus difficiles.
EGGERICX,LAURE